Un besoin de croire
Rome, place St-Pierre, des regards qui en disent long, admiratifs, interrogateurs, mi-sérieux, mi-rieurs ou perdus, contemplatifs peut-être. Besoin constant d’être ici, mais aussi de se connecter au sacré, de voir au-delà, d’avoir les pieds sur terre, de manière à subvenir au lendemain, mais aussi de se projeter dans le futur, d’ouvrir la boîte de pandore, d’oser le rêve du mieux, du meilleur, de l’autrement.
De l’autre côté, de dos, un homme, l’homme. Son visage est caché et pourtant l’on devine la fascination qu’il exerce sur ces femmes qui l’entourent. Il reprend ici le rôle ancestral du conteur, de celui qui rentre de voyage, de la chasse peut-être et retourne au foyer y retrouver son épouse et partager ses exploits. Il est reçu avec bienveillance, mais aussi avec un brin de méfiance. On ne croit qu’à moitié au récit de ses exploits et c’est bien égal. On fait semblant, on ouvre de grands yeux et ils se sent aimé, il se sent pris au sérieux.
Peu importe que la maison en son absence ait été gérée de belle manière, peu importe que la soupe quotidienne ait été préparée, peu importe, car tel est le rôle de l’épouse ancestrale et tel est le rôle de l’époux voyageur qui rentre au logis.
Dans nos sociétés modernes qui nient les différences et détruisent les rôles, les jeux de rôles, qui voient dans la position de l’épouse un acte de soumission et oublient que les jeux se jouent à deux, nous négligeons un peu rapidement ces modèles ancestraux ont fait leur preuve et qu’ils sont à la racine de notre résilience. Tous égaux, oui, mais évitons de commettre l’erreur de vouloir être tous standards, tous semblables. La féminité, la masculinité ont cela de beau qu’ils permettent d’apprendre l’autre dans sa différence et de s’apprendre soi-même par effet miroir.
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