Conclusion provisoire, ...

Que dire pour conclure?
Ce fut une belle aventure vécue assis devant mon ordinateur, ma pensée errant sur les routes du monde. Ce fut un voyage riche en apprentissages et souvent l’impression que ce 19e siècle n’était par beaucoup d’aspect pas très différent de ce que nous vivons aujourd’hui, 170 ans plus tard, des épidémies, des émigrants, des systèmes corrompus qui se mettent en place pour répondre à la demande de ce nouveau marché et s’en enrichir, la folie ordinaire. Nous avions eu un peu tendance à l’oublier depuis le début du millénaire. Les migrations ne sont pas exceptionnelles. Elles sont la substance du développement de l’être humain. Imaginer un monde sans migration, c’est imaginer un monde sans mouvement et un monde sans mouvement est un monde mord.
Bien sûr la donne a changé. De pays de misère, la Suisse s’est transformée en un des principaux pôles pour les émigrants du monde entier. La roue tourne mais rien ne garantit que des pays aujourd’hui bien dépourvus ne deviennent à leur tour des aimants pour ces voyageurs. On a bien sûr l’impression que les émigrants de l’époque étaient des colonisateurs acharnés prêts à tout pour que la terre produise ses richesses et que de nouvelles contrées se développent.
On oublie un peu vite que ces contrées n’étaient pas disponibles, mais que ces terres ont été gagnées, suite à de longs combats inégaux avec des populations locales dont l’existence a été annihilée, à tel point qu’il est difficile d’en trouver des traces dans l’Amérique d’aujourd’hui. Nous, Européens, portons la responsabilité de cette extermination dont personne ne parle.
Dans son livre « Guns, Gems and Steel”[1], Jared Diamond montre très bien comment les populations cultivatrices ont pris le pas sur les populations de cueilleurs, chasseurs et comment les populations préexistantes ont été détruites par le mélange des maladies que les émigrants leur ont apportées et des armes qu’ils ont utilisées et ce dans le monde entier.
Je peux comprendre que personne n’aimerait se trouver dans ce rôle, dans le rôle de l’Indien européen dont les coutumes, l’histoire et la richesse serait détruite par des hordes barbares[2] venues d’ailleurs. Les romains avaient les mêmes perceptions et les mêmes hantises il y a deux millénaires. Je peux comprendre que certains européens d’aujourd’hui sont morts de peur à cette idée. L’histoire va-t-elle prendre sa revanche?
Les migrants d’aujourd’hui me semblent bien différents des migrants d’alors. Nous envoyâmes nos pauvres et nos petits criminels, nos paysans sans terre. Ils envoient ce qu’ils ont de meilleur, des gens formés qui leur seraient bien utiles dans les années à venir. Le voyage coûte cher et n’est de facto pas accessible aux plus pauvres qui, au demeurant, n’ont sans doute qu’une idée bien vague du monde.
Peut-être un changement de paradigme est-il nécessaire ? Peut-être devrions-nous garder la dénomination de « réfugier » pour la petite majorité qui a besoin d’un refuge et le lui accorder et peut-être devrions voir en ces migrants des atouts pour nos régions. Pour voir les atouts, il faudrait bien sûr abandonner la vision du réfugié comme d’une personne dans le besoin et engager une véritable discussion avec les émigrés, les considérer comme des partenaires. On pourrait dans ce cadre leur offrir la possibilité de trouver un travail et leur en financer la recherche, financer leur intégration pendant un certain temps. Si au terme du délai imparti, le migrant n’avait pas trouvé de travail et ne pouvait subvenir à ces besoins, il devrait alors retourner volontairement dans son pays.
Des conditions claires permettraient de mettre fin à une situation sans issue qui ne peut, à terme, que conduire à la transformation de l’Europe en une nouvelle colonie autochtone peuplée de personnes âgées et sans avenir.

[1] W. W. Norton & Company; 1st Edition (April 1, 1999)
[2] Dans la définition grecque de « étranger »

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